Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 10:57

Durant l’automne dernier, c’était au tour de Grégory, pratiquant à Marseille, de se rendre seul à Datong pour un entrainement d’une dizaine de jours. Il nous propose ainsi généreusement le compte-rendu de son aventure. En espérant que ces billets écrits par des pratiquants différents (niveau, expérience et motivations) puissent apporter à tous et inspirer la pratique des personnes qui n’ont pas facilement accès aux enseignements de professeurs de dachengquan.

 

"…Après quelques jours passé à visiter Pékin, direction Datong où j'arrive de nuit par le train.

Après une bonne nuit de repos, rencontre avec Li Jian, un jeune habitant de Datong extrêmement sympathique que m'a présenté Laurent et qui va énormément m'aider durant mon séjour; en effet, son affabilité, sa disponibilité et sa grande chaleur humaine couplées à sa connaissance de l'anglais vont rapidement devenir indispensables…

Nous nous rendons à pieds chez le Maître; le temps d'aller prendre quelques boissons à lui amener, nous arrivons ensuite dans un quartier populaire typique où Me Guo vit et enseigne le dachengquan.

 

Après des retrouvailles chaleureuses, nous définissons ensemble le programme d'entraînement: trois heures par jour, Chez Me Guo Gui Zhi à Datong (2) le matin ou l'après-midi selon les jours. J'aurai le privilège de m'entraîner seul puis avec ses élèves chinois le dimanche, le reste de mon temps étant consacré à la visite de Datong et ses environs. Le premier jour, j'entre de plein pied dans le vif du sujet: une heure de zhanzhuang en position de face, où le Maître, qui fait mine de regarder ailleurs et de discuter avec Li Jian, me jette de petits coups d'œil furtifs et vient très souvent replacer une main, un pied, un doigt dès qu'il me sent faiblir et lâcher la rigueur de la posture. Les autres jours, les 1h ou plus de posture seront répartis entre yangsheng zhuang et jiji zhuang à gauche et à droite, voire uniquement consacrés à jiji zhuang.

 

Zhanzhuang de face : en premier lieu, plier les hanches, garder le corps droit, relâcher les épaules et imaginer qu'on est relié au mur d'en face par une corde qui part des mains. Le cou tire en arrière. Après un certain temps avec ces principes, Me Guo me fait intégrer le travail de micro-mouvements avant-arrière, en utilisant les yeux pour accompagner le mouvement! D'après lui, cette posture est la base pour la santé et le combat, si on se consacre uniquement à la santé on peut ne pratiquer que celle-là.

 

Travail de la posture de côté jiji zhuang, première posture de combat : le poids est sur la jambe arrière, la jambe avant est pliée, le talon levé. Les bras sont levés, les coudes tirent sur les côtés et les mains sont reliées par des cordes imaginaires vers l'avant. Même principe qu'avant, après s'être installé dans la posture, on introduit le travail des micro-mouvements.

 

Travail du shili avant-arrière: les mains sont reliées vers l'avant, on bouge le corps mais non les bras, on plie beaucoup les hanches car le tronc doit rester droit et envoyer la force dans les doigts. Me Guo me corrigera essentiellement sur la position et le rôle du bassin.

 

Travail du zou bu : les bras sont étendus sur le côté comme un funambule et ne changent pas de position, seul le corps pivote. On avance d'abord le pied avant, puis on transfère le poids du corps de l'arrière à l'avant. Tenir la bonne position tout du long nécessite une énorme concentration qui prend le pas sur tout le reste lorsqu'on débute, mais qui est nécessaire pour l'acquisition des bases.

 

Me Guo fera preuve, tout au long de cette semaine, d'une patience et d'une gentillesse extrême, cherchant à transmettre la passion de son art et la grande profondeur de son enseignement, faite de simplicité extérieure en apparence, mais truffée de subtilités déconcertantes.

 

Je vais très vite réaliser, à travers les incessantes corrections et explications de Me Guo qui n'hésite pas à utiliser une corde qui reste tendue ce qu'il faut et à me faire toucher son bras ou sa jambe afin de bien percevoir le travail des tendons dans le mouvement, quels sont les points sur lesquels je vais devoir insister pour progresser dans cet art plus compliqué qu'il n'y paraît de prime abord. Au bout de quelques jours, immergé dans cette culture aux antipodes de la mienne et la fatigue aidant, je vais progressivement prendre conscience de l'extraordinaire potentiel de développement humain que recèle cet art et des raisons pour lesquelles je le pratique...

 

Conducteur d'autobus dans une grande ville, papa depuis peu, j'arrive à faire face avec plus d'humilité et de sagesse au stress et aux difficultés inhérentes à ces situations. La découverte de la Chine et la rencontre avec les Chinois, ains que la vie quotidienne, m'a à la fois totalement déconnecté et fait réaliser que ce voyage est le premier d'une longue série, car rien de tel que la pratique intensive pour se sentir progresser à vue d'oeil…

 

Ce que m’a apporté ce stage et la pratique du dacheng en général :

 

Tout d'abord, par ma pratique du taiji et du qi gong j'ai acquis une certaine souplesse, mais le dacheng permet d'acquérir la force de tout le corps, car dans la posture on cherche à "remplir" les articulations, à lier les diverses parties du corps et à étirer les tendons, ce qui donne une "extension" du corps et de la conscience. Le travail du "song jin" permet de chercher de manière subtile et non-grossière comment bouger, ensuite shili permet de l'étendre et de faire circuler la force jusqu'aux mains.

Chez Me Guo Gui Zhi à Datong (6) Les innombrables corrections et explications de Me Guo nous permettent de sentir immédiatement que le corps, globalement, manque de force et comment l'acquérir en restant un long moment dans la position. Ensuite, le travail du song jin induit le mouvement et fait sentir les raideurs et le côté "lourd" du corps et de l'attention, de l'esprit. Le zhan zhuang "allège" la personne. L'ambiance à la fois joviale et très sérieuse qu'instaure Me Guo nous enlève nos illusions, c'est-à-dire ne pas se mettre de pression mentale inutile mais pratiquer dans la bonne humeur et l'efficacité. Il m'a fait sentir que cet art est réel, profond et, surtout, accessible à qui est prêt à vraiment s'investir. Dans le shili et la marche, Me Guo insiste beaucoup sur la précision du geste pour acquérir de solides bases et pouvoir travailler seul ensuite.

Le fait de sentir très vite le corps et le mental se débloquer est très agréable et utile pour atteindre la joie de vivre, le plaisir de pratiquer et l'ouverture d'esprit. Et être immergé dans la culture chinoise relie, donne le sens véritable des principes de la pensée chinoise reliés à la pratique.

 

 Merci à Me Guo, M.Wang, Laurent, Farid, Li Jian et également Ida pour leur aide et leur soutien dans cette entreprise!"

 

Grégory Cros

 

 

 

Par Da Cheng Quan Marseille
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Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 18:32

Ces dix dernières années de nombreux disciples du Sud de la France de Me Guo vont régulièrement s’entrainer chez lui, à Datong, pendant plusieurs jours, plusieurs semaines, voir plusieurs mois… Ces entrainements intensifs en totale immersion continuent de susciter l’entrain chez de nombreux pratiquants de notre région. Au travers de ce blog pourront être publiés, dans un but d’échange et de partage, les différentes impressions des pratiquants ainsi que des scènes d’entrainements photos et vidéos qui alimenterons nos dossiers d’ « archives » du dachengquan de Me Guo Guizhi.

 

Cette rubrique s’ouvre avec le texte ci-dessous de Lisa (pratiquante à Marseille depuis environs trois ans) qui s’est rendue seule à Datong pendant le mois glaciale de février 2011. La vidéo qui suit est un extrait d’entrainement dans lequel Me Guo enseigne la démonstration du fali à son élève Fengxi, en vu de la compétition  internationale de Hong-Kong 2011. Ce dernier à par ailleurs reçu une distinction grâce à sa démonstration du quanwu. Merci à Lisa pour les photos et vidéos. P1040286

 

"Arrivée à Datong par le train, une nuit d'hôtel puis un taxi me lâche dans le quartier de Me Guo Guizhi. Les pétards version "mammouth" grondent dans le quartier en cette période de fête du Printemps, Nouvelle année chinoise. A chaque matin qui suivra Me Guo s'affère à corriger les postures de dachengquan apprises en France auprès d'Alain Hagopian et de Laurent.

 

Pour le zhanzhuang il s'agit trouver le calme, les jambes fléchies et tacher de s'enfoncer dans le sol; relâcher les épaules; et laisser lentement le mouvement s'installer. Avant, arrière, droite, gauche, haut, bas, comme attaché à ce fil invisible, un fil élastique maintenu entre mes poignets, (par extension) mes index et un point au mur, que l'on imagine le plus loin possible. Me Guo n'a pas hésité à sortir une corde pour se l'attacher à chaque main et faire la démonstration que les mains ne bougent pas durant les mouvements du corps, la corde reste tendue, ne se relâche, ni ne force, elle reste constamment tendue pendant que Me Guo s'affère à déplacer le poids de son corps dans les six directions. A maintes reprises il a corrigé mon travail en mettant l'accent sur la décontraction, jamais suffisante, et sur la brièveté du point de contraction.

 

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Le shili, ici lentement, on déplace son corps toujours en conservant une intention martiale. L'attitude du tigre est celle qu'adopte le Maître pour faire la démonstration de cette exercice, bondir, comme le fauve marque une réserve en reculant son corps pour mieux préparer le jaillissement vers l'avant. Nous avons pu aborder ensemble la série des trois coups de pieds. Là encore, aidé du déplacement de poids et de l'orientation en mouvement de la hanche, les coups de pieds viennent tour à tour toucher le tibia, la cuisse, le thorax ou le menton de l'adversaire.

 

China-Datong-09-10022011--30-.jpg Travailler avec le Maître c'est l'opportunité d'être dans une situation favorable à la concentration. On précise davantage son travail et on tente de repousser un peu plus loin ses limites. La qualité de cet art se mesure auprès des maîtres : pour qui débute cette pratique chacun a besoin d'un autre bien meilleur que soi à imiter pour s'approcher de la technique et de l'intention. La barrière de la langue permet de focaliser son attention sur le geste, la posture. Au départ nous imitons maladroitement avec le corps, et dans le cas de "barrière de la langue" le language ou l'intellectualisation inachevé parceque novice, ne parasite pas l'apprentissage, ne casse pas le rythme et la concentration de l'entrainement. Nous pouvons aussi évoquer l'importance du toucher : Me Guo invite ses élèves à venir sentir par le contact des mains sur les zones sollicitée, et mesurer ainsi le travail des tendons et la circulation des forces à travers le corps. S'exercer auprès de Me Guo permet d'apprécier le dachengquan au travers de démonstration d'une grande virtuosité par la fluidité, la vivacité et le rythme des mouvements engagés.

En salle, la photographie de Wang Xiangzhai et sa statuette (chaque jour honorée d'encens, de fruits et de biscuits secs)  veillent sur le bon déroulement des entrainements.

 

Cette expérience est une étape importante dans le développement de ma pratique, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, et j'espère avoir l'occasion d'y retourner un jour et revoir un des sites les plus beau au monde : les Grottes de Yungang de Datong, dans le Shanxi. Voyager seule étant une femme peut entrainer une fatigue par la vigilance et l'effort physique ( il y a la contrainte de ne pas tarder dans la nuit). Mais la flânerie urbaine est plus prenante lorsque l'on est seule, étant photographe les longues marches dans la ville sont des moments privilégiés. C'est le moment de tendre l'oreille, ouvrir les yeux et apprécier le flux des détails à la fois ordinaires et exotiques.  Lisa T."

 

 

 


 
Par Da Cheng Quan Marseille
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Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 16:55

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Le Professeur Yu Yongnian a sorti son dernier ouvrage, depuis  maintenant deux ans (paru en été 2010), et s’intitule « 站桩与道德经 » (zhanzhuang yu Daodejing). Le livre n’a cependant toujours pas fait l’objet d’une traduction en langue française. La recherche du Professeur Yu met essentiellement l’emphase sur la pratique du zhanzhuang et sa corrélation avec le principe du Dao, dont il nous en propose une analyse accompagnée de commentaires très poussées des classiques taoïstes tels que  le Classique de la Voie et de la Vertu  (道德经) ou encore la compilation du Guan Zi (管子). 

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 Le livre (372 pages) regroupe quelques parties de ses précédents ouvrages dont les bases scientifiques du yiquan  et de nombreuses photos et tableaux viennent  illustrer les commentaires. Afin de donner aux lecteurs une dimension plus concrète à ses écrits,  l’auteur nous livre plusieurs analyses sur l’efficacité du zhanzhuang  (relâchement, explosivité, respiration, circulation du sang, tension artérielle ect…) dans d’autres pratiques que celles des arts martiaux comme par exemple la natation, le basket  mais aussi la danse voir même le chant.

Dans le domaine thérapeutique ce sont une vingtaine de témoignages et de cas cliniques qui sont exposés en détails, parmi ceux-ci, l’article sur M. Guo Guizhi ci-dessous paru en 1981 dans le journal  chinois « le Quotidien des Cheminots » :

 

 

« Comment un patient gravement malade gagne une médaille d’or

 

Lors des deux dernières rencontres nationales d’arts martiaux chinois de l’année dernière et de cette année, Monsieur Guo Guizhi représentant de la province du Shanxi et de l’association sportive des cheminots a remporté deux médailles d’or avec sa démonstration du dachengquan. Il a fait à deux reprises l’unanimité des jurys en faisant preuve d’une grande habileté dans ses mouvements, dont la technique est hors paire.

Monsieur Guo a eu 49 ans cette année, il travail au bureau des chemins de fer de la ville de Datong en tant qu’ouvrier chargé de manutention ferroviaire (chargement et déchargement de marchandise tel que charbon, coton ect… NDLR).  A la base il ne fait ni professionnellement parti du cercle des arts martiaux ni d’aucun autre milieu sportif, il s’agit là de l’histoire d’un ouvrier ordinaire qui, afin de se guérir d’une grave maladie s’est appuyé sur une méthode d’entrainement curatif. Monsieur Guo Guizhi a commencé sa carrière d’ouvrier  en 1949 à la gare ferroviaire de la ville de Datong, dans cette région le travail de chargement et de déchargement des wagons est terriblement épuisant. De 40 à 50 Kilos, voire même parfois 200 Kilos de marchandises doivent être soulevés et portés à dos d’homme. En plus de la lourdeur du travail, de nombreux travailleurs tombent malade du fait que ces derniers n’ont pas un rythme de vie bien réglé et que les heures de repas ne sont pas définies à l’avance. Un jour de l’année 1956, alors que Mr Guo venait de finir son repas il s’en alla porter un sac de coton, pendant l’effort il  cracha soudainement du sang… Il venait de contracter un ulcère gastrique qui l’empêchera par la suite de continuer son travail.  Le Parti et les dirigeants du bureau des chemins de fer lui proposèrent dans un premier temps de prendre congé maladie et de suivre des cours théoriques et de culture pendant son repos, ce n’est qu’à partir du mois d’avril 1957 que le syndicat décida de l’envoyer se faire soigner à l’hôpital des Ouvriers de Beidaihe.

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                                Les débuts du développement du dachengquan au parc de Datong

 

Durant son séjour curatif il a pratiqué le Qigong, le Taijiquan et a suivit un traitement médicamenteux, toutefois malgré une sensible amélioration l’estomac était toujours très atteint du fait de la gravité de l’ulcère et il ne pouvait toujours pas se nourrir correctement. Les médecins lui  ont alors suggérés de faire une intervention chirurgicale. 

C’est à ce moment là qu’il fit la rencontre du Dr Yu Yongnian de l’hôpital des cheminots de Beijing, ce dernier l’initia à l’art du dachengquan en commençant par le zhanzhuang. Il eut très vite saisi le sens de cette boxe et en fut tellement envoûté qu’il ne se passa pas un jour sans persévérer à l’entrainement.  Un an et demi plus tard il était entièrement guéri de sa maladie, à chaque repas il pouvait manger jusqu’à 300 grammes de nourriture, il était animé d’un esprit plein de vigueur dans un corps sain et en bonne santé.  En 1959, il regagna son poste et continua de s’investir davantage dans le dachengquan. Peu importe que le travail soit long et pénible, en plus de consacrer minimum une demi heure chaque jour à la pratique, il faisait partager au plus grand nombre les bienfaits de cet art en organisant des entrainements dans les parcs, dans les mines de charbon ou encore chez lui-même. Il apporta les avantages de cette pratique aux personnes atteintes de maladies chroniques et enseigna la boxe aux jeunes.

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A partir du moment où beaucoup de gens ont pu recouvrir la santé et renforcer leur constitution physique grâce à la pratique du dachengquan, la réputation de Mr Guo Guizhi s’est alors répandue dans toute la ville de Datong. Il a représenté deux fois la province du Shanxi lors de rencontres nationales d’arts martiaux chinois en 1979 et en 1980. En 1980 il fut également sollicité par une société de production cinématographique de Hong-Kong pour faire une démonstration d’arts martiaux à l’occasion d’un documentaire sur  les grottes bouddhistes Yungang du Shanxi. »

 

 

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Le 6 mars 2012 M. Guo a rendu visite au professeur Yu Yongnian, âgé aujourd’hui de 93 ans.  

 

www.yuyongnian.com

Par Da Cheng Quan Marseille
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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 10:22

Le Maître Wang Yufang, fille du  M. Wang Xiangzhai fondateur du dachengquan nous a quitté le 14 mars dernier. Elle a oeuvré toute sa vie à la transmission de cet art, en s'entourant de nombreux experts et pratiquants de tous horizons.

Pour les personnes n'ayant eu la possiblité de la rencontrer, ses archives vidéos sont une immense richesse et d'une grande inspiration pour tous les passionnés d'arts martiaux chinois.

 

La voici dans ce clip d'hommage( merci à la personne qui l'a fait) en compagnie de Wang Jianguo (membre de l'asso de dachengquan de Datong).

 

 


 

 

Par Da Cheng Quan Marseille
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Jeudi 1 mars 2012 4 01 /03 /Mars /2012 16:12

Le 15 janvier 2012 à Datong, à l’occasion de la cérémonie pour ses 80 ans, M. Guo Guizhi a souhaité prononcer, avec franchise et modestie, un discours sur les origines de la création du dachengquan, et de son parcours personnel dans cette pratique. Il souligne également de nouveau le fait que dacheng et yiquan c'est la même chose, l'emploi de dacheng est purement respectueux et honorifique pour le créateur et sans faire référence a ceux qui continue la pratique derrière.

Dans la deuxième partie de cette cérémonie, les frères Guo Fuhai et Guo Runsheng ainsi que plusieurs personnalités de l’association de dachengquan de Datong ont exprimés leurs vœux, suivis d’une courte démonstration. Les lettres de voeux des différentes associations française de dachengquan ont également été lues lors de cette cérémonie, les membres de l'association de Datong ainsi que M. Guo remercie chaleureusement toutes ses associations.

Sur la toile française beaucoup d’excellents articles  ont été déjà publiées sur l’histoire du dachengquan, ce billet ne prétend en aucun cas à apporter quelque chose de nouveau à l'histoire que tout le monde connait déjà, il s’agit simplement de tenir informés via ce blog des différentes activités associatives et du message que tenait à faire passer M. Guo à tous ses disciples. En voici la brève traduction, le plus fidèlement possible, des grandes lignes de ce discours. (En raison de certains passages où l'accent de Datong est plutôt fort, si toutefois des erreurs se seraient glissés dans la traduction, je m'excuse d'avance et corrigerai cela sur le champ :) ).

 

Toute l’association marseillaise de dachengquan en profite pour remercier infiniment et présenter ses meilleurs vœux de santé et de bonheur à une personne qui a consacré 70 ans de sa vie à la pratique des arts martiaux, et continue de nous transmettre généreusement son art. Son extraordinaire vitalité est ici en témoignage.

 

 

 


 

 

 

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« A la fin de la dynastie Qing (1644-1911), le niveau (gongfu) de Monsieur Wang Xiangzhai était déjà excellent, à cette époque il exerçait en qualité de chef instructeur de l’armée. Son nom et sa réputation d’entraineur d’arts martiaux résonnait alors du Nord au Sud du pays. M. Wang n’était pas de Beijing, il venait de la province du Hebei, c’était aussi une personne d’origine sociale modeste, je tiens à ce que chacun d’entre-nous connaissent bien l’histoire et les origines de notre pratique. Dans les années 20 lorsque M. Wang était à Shanghai, il a rebaptisé sa pratique « yiquan ». Une vingtaine d’années plus tard, soit dans les années 40, il décida de retourner dans le Hebei et de se rendre ensuite à Beijing afin de diffuser et promouvoir son art. De quelle façon ? Chaque dimanche il ouvra les portes de sa maison à tous les pratiquants de n’importe quelle région dans le but de venir échanger avec lui sur les arts martiaux. M. Wang n’avait alors jamais perdu une seule rencontre, de nombreux experts Japonais pratiquant le karaté, le kendo et le judo s’était également mesurés à M. Wang. Au travers de tous ses échanges victorieux, plusieurs riches personnalités de l’époque, dont principalement quatre personnes, dont M. Zhang Bi faisait parti, proposèrent alors à M. Wang que désormais sa boxe ne s’appellera plus « yiquan » mais « dachengquan ». Je voudrais que tout le monde soit bien clair avec cette partie de l’histoire [ …] Ce n’est pas M. Wang lui-même qui décida de prendre cette appellation, mais les nombreux pratiquants gravitant autour de lui. Cette appellation fut grandement favorable au développement de la pratique de M. Wang à cette époque, dont sa pratique se différenciait des autres pratiquants du fait de l’importance accordée à l’entrainement du zhanzhuang. Particularité qu’il a hérité de son Maître Guo Yunsheng, et dont le niveau de gongfu atteint grâce au zhanzhuang lui permis dès la fin des Qing d’entrer en tant que chef instructeur de l’armée […].

 

Aujourd’hui je fête mes 80 ans, et je souhaite rappeler à tout le monde comment j’en suis venu à pratiquer le dachengquan. Certains de mes vieux camarades dans la salle s’en rappellent, à l’époque nous travaillons très dur dans le transport du charbon, je suis alors tombé gravement malade, à la limite d’être mort de fatigue, j’en vomissais du sang. Il n’y avait alors aucun moyen de guérir. C’est là que j’ai été envoyé  à l’hôpital de Beidaihe, où j’ai fait la rencontre du Professeur Yu Yongnian, à l’époque il était vraiment puissant, bien évidemment je ne le valais pas. Il a commencé de m’enseigner la méthode curative du dachengquan, à ce moment là je ne pratiquais déjà plus le taijiquan, xingyiquan, ni le shaolin quan. Ce n’était alors plus dans une optique martiale que je m’entrainais, mais pour recouvrir la santé.

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Concernant le niveau dans l’art de la boxe, et là je souhaiterai m’exprimer clairement à ce sujet, ce n’est pas une affaire de dire simplement qui est bon ou qui ne l’est pas, le niveau provient de l’entrainement, celui qui s’entraine atteindra un haut niveau. A mes débuts avec le professeur Yu à Beidaihe, je n’étais pas bon du tout. Après une courte période de pratique, j’invitais les autres élèves à faire tuishou avec moi,  et aucun ne pouvait plus me bouger ! Le professeur Yu m’a alors surnommé celui qui a « 800 livres (400kg ndlr) de force ». Cependant, cette réputation m’a apporté pas mal d’ennuis à l’époque. En effet, en quittant Beidaihe et de retour à Beijing, le professeur Yu a écrit une lettre à l’attention de M. Wang Xiangzhai « j’ai ici un élève très doué, il souhaiterai apprendre l’art de la boxe, j’espère que vous accepterez sa venue. Il a une force exceptionnelle de 800 livres. » Bien sûr ce n’était qu'un surnom pour me recommander à M. Wang, je n’avais pas autant de force ! Je suis alors voir M. Wang avec la lettre de recommandation, ce dernier a son grand étonnement a lu « 800 livres de force ? ». Cela l’a rendu plus furieux contre moi qu’autre chose ! Il m’a dit alors « c’est toi qui a une force de 800 livres ? Viens, on fait un petit match tous les deux ! » Je lui ai répondu « D’accord ! » J’étais bien plus grand que lui de taille, mais je ne connaissais pas la situation, je n’avais aucune idée de son niveau, je lui ai donc juste demandé de me montrer un peu. Il se déploya ainsi pour pousser, il avait la force devant, derrière, à gauche à droite, les six forces ! Je me suis dit « hé je n’ai encore jamais vu un gongfu pareil ». J’aimais beaucoup M. Wang, il m’appréciait bien également, car j’avais le courage d’affronter, j’avais l’esprit des pratiquants d’arts martiaux […] Un peu plus tard, M. Wang m’a présenté à Chang Zilang et Wang Xuanjie, nous pratiquions alors tous les trois au parc sous sa direction. Il y avait énormément de monde qui pratiquait la méthode curative à cette époque, avec notamment Li Jianyu en charge d’enseigner à ces personnes. Il y a avait alors deux voies de développement, martial et santé, cependant à cette époque il évitait d’appeler cela l’art de la boxe […]. J’ai étudié sur une période relativement courte avec M. Wang. L’année 1963 M. Wang décéda, il n’avait que 78 ans […].

En définitive, c’est grâce à l’entrainement au dachengquan que j’ai pu renforcer et entretenir ma santé, aujourd’hui j’ai 80 ans, je suis encore en pleine forme et mes mouvements sont plutôt pas mal, vous ne trouvez pas ? Tout cela je le dois au dachengquan, sans quoi je ne serais pas là aujourd’hui.  Il y a un point sur lequel il faut faire très attention, le pivot central de l’étude de cet art de la boxe n’est pas seulement de pouvoir frapper des gens, mais surtout de rester en bonne santé, et d’entretenir le corps pour la longévité. Selon la maladie que vous avez la pratique peut vous aider à guérir complètement.

DSCF0855M. Wang Xiangzhai nous à légué son enseignement du « nourrir le principe vital », c’est le point sur lequel il nous faut insister. Le but premier de l’art martial est celui de nourrir le principal vital, et non celui de frapper. Frapper ? Qui est-ce qui a besoin de se battre tous les jours ? […] Une personne que je n’oublierai jamais c’est le professeur Yu, c’est lui qui m’a présenté à M. Wang Xiangzhai, en 1963 il m’a présenté à M. Yao Zongxun, j’ai suivi l’enseignement de ce dernier pendant 20 ans. Durant les périodes difficiles du pays, je me rendais chaque mois chez M. Yao pour l’aider par des dons ou financièrement, car la vie était dur à cette époque. Cela a duré dix ans, et ça fait partie de l’histoire du dachengquan de Datong, de mon parcours […] Et j’en profite aujourd’hui pour m’expliquer sur le fait que certains de mes vieux élèves de Datong sont en conflit avec moi. Aujourd’hui l’époque a bien changée, mais avant les années 70, la pratique des arts martiaux n’était pas vu d’un bon œil dans le pays, parce que je n’osais pas enseigner j’avais alors instauré une règle pour ceux qui voulaient s’entrainer avec moi : premièrement ne pas l’enseigner aux autres ; deuxièmement ne pas faire payer les gens ; troisièmement ne pas se battre. Ces gens là ne m’ont pas écouté, aujourd’hui encore nous avons des différends. Mais parmi ceux qui sont restés mes élèves beaucoup sont devenus des grands pratiquants reconnus, dont certains ont un excellent niveau de combat sanshou dans la région. C’est donc aussi grâce à tous ces gens de qualités ainsi que des pratiquants de mon village natale que le dachengquan a pu bénéficier d’un si bon développement dans la région […]Dans l’avenir il y aura encore d’autre réunion pour que le développement de notre pratique continue. A l’époque nous ne pouvions que difficilement dispenser cette pratique, et aujourd’hui nous sommes la seule association de dachengquan de toute la province du Shanxi […] Et je finirai ce discours sur l’importance du respect que l’on doit porter envers ses parents, que mes disciples m’estiment j’en suis très heureux, mais souvenez-vous, respectez toujours vos parents […].

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